1907-2017: l'Hôtel de Ville fête ses 110 ans!

Découvrez l'histoire des lieux municipaux de Clichy, avant de parcourir les pièces de l'actuel Hôtel de Ville.

De l'Ancien Régime à 1835: les lieux de l'administration communale

Les ancêtres des mairies, sous l'ancien régime, étaient les églises de France, et leurs territoires étaient les paroisses. Les conseillers municipaux de l'époque étaient des marguilliers: leur nom vient du latin médiéval matricularius, celui qui tient un registre ou un rôle (matricula). Élus au sein des paroissiens, ils formaient le conseil de fabrique chargé de l'administration de la paroisse:

• Gérer les biens publics communs
• Tenir à jour les registres paroissiaux (baptêmes, mariages, inhumations)
• Établir la liste des pauvres à secourir

À Clichy, les réunions administratives se tiendront à l'église Saint-Médard-Saint-Sauveur. Les marguilliers étaient assis sur les bancs. Georges Soret, premier ministre Maire de Clichy, élu le 3 février 1790, présidait les séances municipales dans cette église.

À la Révolution française de 1789, que se passe-t-il ?

Suite à la confiscation des biens du clergé par le décret de l'Assemblée constituante du 2 novembre 1789 et après l'État donné, l'autorisation d'utiliser les bâtiments religieux pour les municipalités, le presbytère est devenu la «Maison communale», jusqu'en 1835. Neuf maires vont s'y succéder.

1835-1877: de la Maison commune à l'ancienne mairie

En 1835, la Ville acquiert un ensemble de bâtiments au 3 rue du Landy. Cet ensemble réhabilité en maison commune est formé de deux corps de bâtiment avec une cour fermée et des dépendances.

• Dans le bâtiment de gauche, les bureaux administratifs, le «violon», expression d'argot désignant la prison, un local pour les appareils de secours publics et l'appartement du secrétaire et le logement des instituteurs. 

• Dans le bâtiment de droite, la salle des gardes nationaux.

• Dans les dépendances: un asile pour les petits enfants, pour les parents et les filles pour les filles et les garçons. Le groupe scolaire était intitulé «L'école Lambert» du nom du père abbé directeur.

Sept maires vont présider dans ces lieux les conseils municipaux. Notables de la commune, ils exerçaient les métiers de blanchisseur, inspecteur de prison, banquier, avoué, propriétaire, manufacturier et docteur en médecine. La partie de la rue du Landy où était la mairie, entre la rue de Paris et le futur boulevard Jean Jaurès, porte le nom de la rue de l'ancienne mairie.

1871-1877: l'édification de la mairie

Le style «Hôtel particulier» en détail

La mairie est l'œuvre de Jules Depoix (1824-1903), architecte de la Ville. Son style est comparable à d'autres mairies environnantes de cette époque, témoin d'une architecture républicaine d'apparat qui valorise l'institution et l'imposition aux regards :

• Une situation centrale, le long de l'axe qui relie Paris à Argenteuil, actuel boulevard Jean Jaurès. Précédée d'une vaste place publique qui a valeur de valeur, et plantée à l'époque de 64 tilleuls argentés.

• Une façade majestueuse
composée de neuf travées, dont la partie supérieure centrale porte le mot «mairie», un fronton interrompu orné de figures couchées encadrant une horloge. Le sculpteur Adolphe Leleu est l'auteur des allégories entourant l'horloge.

• Un campanile
surplombant la place de la mairie. À l'intérieur de celui-ci, trois cloches sonnent les heures de la journée. Dans ce bâtiment sont disposés le décor peint de la salle des mariages en 1878 et les fresques de l'escalier d'honneur en 1889.

1905-1907: l'agrandissement de l'Hôtel de ville

"En construisant la mairie, le docteur Villeneuve et ses collaborateurs veulent accomplir un acte de foi civique et républicaine. En l'agrandissant, nous avons entendu reprendre l'acte de foi de nos devanciers".

Extrait du discours d'inauguration du maire Emile Laruelle, 7 juillet 1907.

La Ville s'est développée ... La mairie doit grandir !

L'agrandissement décidé au début du XXe siècle répond aux besoins de nouveaux espaces face à l'urbanisation de la commune: la population a bondi de 17 000 habitants à 42 000 en moins de 30 ans!
En 1905, Bertrand Sincholle, architecte de la commune - celui chargé de gérer les biens communs - et Eugène Bidard, architecte, agrandissent la mairie par le façonnage des deux «ailes» à gauche et à droite. La décoration intérieure en staff et stuc a été réalisée par le sculpteur Henri Fréderic Varenne.

À cette époque, la Ville achève également la construction des allées Gambetta qui relieront la Place des Fêtes au parc Denain, ainsi que la reconstruction de l'école de garçons de la rue Dagobert, aujourd'hui nommée Jules Ferry.

La visite

Le hall d'entrée, l'escalier d'honneur et ses fresques

Au fond du hall, un escalier monumental dessert le 1er étage.

Emprunté pour les mariages et les manifestations, l'escalier a été décoré de la plaque de marbre des 30 maires, rappelant qu'ils ont travaillé pour Clichy depuis 1790 à nos jours. Il mène au 1er étage.

Les deux vases aux pièces de l'escalier sont du céramiste sculpteur clichois Émile Grittel (1870-1953).

Le conseil municipal de la ville de Paris offre à la ville deux toiles présentées à l'exposition universelle de 1889. Ces fresques qui décorent les deux murs latéraux représentent le développement urbain sans précédent du territoire de Clichy entre 1789 et 1889.

Clichy en 1789

En bas, les quartiers aux portes de Paris au XVIIIe siècle s'établissent le long de la rue Saint-Lazare Au milieu de gauche à droite, la ligne formée par les boulevards de Monceau, Batignolles et Clichy délimitée Paris au XVIIIe siècle. Elle est bordée par des lieux emblématiques tels que le parc Monceau, le hameau de Monceau, la barrière de Clichy, la Fourche et le Flanc Ouest de la Butte Montmartre. En haut à gauche à droite, hameaux et villages clairsemés entre la boucle de la Seine au Nord et la route de la Révolution au Sud (actuel Boulevard Victor Hugo).

Clichy en 1889

Au XIXe siècle, la superficie de Clichy est radicalement réduite au développement démographique, social et urbain de la métropole parisienne: sous Charles X, par une ordonnance royale du 18 février 1830, la commune de Batignolles-Monceau est fondée; la-ci  devient le 17e arrondissement de Paris en 1860. Levallois-Perret se sépare de Clichy en 1866.
De nombreux bâtiments et quartiers actuels ont fait leur apparition et que l'on peut observer sur la fresque : l'église Saint-Augustin, la gare Saint Lazare et la rue de Rome, le quartier de l'Europe, l'église de la Trinité ... ainsi que le développement urbain des bourgs de Levallois, de Clichy et de Saint-Ouen visibles sur la partie supérieure.

La salle des mariages


La salle des mariages est décorée des revêtements picturaux de Pescheux, décorateur de renom pour l'ensemble du bâtiment.
Elle est de style Louis XVI, caractérisée par de nombreux angelots présente dans tous les recoins! Les peintures de cette salle sont d'Oscar-Pierre Mathieu (1845-1881), 2e grand prix de Rome. Elles ont été montrées lors de l'exposition universelle parisienne de 1878 avant d'être installées sur les murs de cette salle.

L'allégorie du mariage, où la loi républicaine se pare des vertus romaines antiques

Sur un nuage porté par Saturne, dieu du Temps reconnaissable à son âge, son faux et ses ailes, un jeune couple vêtu à l'antique se présente devant une allégorie de la Loi, qui unit les époux au nom des tables de la Loi qu'elle désigne d'une main. De nombreux angelots l'entourent, dans un style rappelant François Boucher. L'un d'eux tient les tables de la loi. Un autre tend un coffre à bijoux vers les mariés, allusion à la dot, au trousseau et augure de la bonne fortune du couple.

La salle du Conseil municipal

Dans cette pièce de style Louis XV, observez pour commencer l'imposante décoration en personnel du sculpteur Henri Frédéric Varenne, agrémentée de dorures et de polychromies variées. Le plafond à l'italienne épouse la forme de la toiture par des encorbellements cintrés suivant les plans de 1905. Le parquet à chevrons a été récemment rénové pour redonner le cachet à cette pièce d'exception. Elle possède deux ouvertures directes sur les salles d'attente et des commissions par portes monumentales richement décorées.

L'élection de la première municipalité en 1790, mise en scène didactique de l'histoire à l'attention des élus 

La toile d'Eugène Béringuier de 1910 illustre le scrutin de 1790 à l'issue duquel Georges Soret est devenu le 1er maire de Clichy. Saint-Médard-Saint-Sauveur. La scène de village "historique" représente la toile de fond un gibet, symbole de l'ancienne justice et l'église Saint-Médard-Saint-Sauveur.

Au premier plan, sur la table nappée de rouge, les participants à la fête municipale habillés de couleurs claires et vives sont donc les seuls à pouvoir voter à ce suffrage censitaire qui exclut la participation à la majorité des personnes alentour : ouvriers, artisans et pauvres gens. 

La salle d'attente des mariages

Cette pièce fut pendant 30 ans la salle du Conseil municipal avant de devenir la salle d'attente des mariages, quand l'aile du bâtiment fut inaugurée en 1907. Les futurs époux et leurs familles y étaient jusqu'en 1968 reçus avant de passer devant Maire ou officier d'état civil. Elle est aujourd'hui une salle de réception et de réunion.

À remarquer!

Le plafond en forme de caissons qui lui procure un style Renaissance, les chiffres de la République Française, les initiales enlacées de la Commune de Clichy et le tympan de la cheminée décoré par une couronne de chêne et de laurier.

Le salon d'honneur

Le salon d'honneur

Dominé par la cheminée en pierre du Jura sculptée par Alphonse Germain et où trône un cartel antique, le salon d'honneur est de style néo-grec. Il fut appelé auparavant salon Madame de Sanzillon. Ce salon fut le bureau du maire entre 1983 et 2004. C'est Jacques Delors, alors ministre des Finances et maire de Clichy, qui s'y était installé. Suite à un incident, la sécurité de l'État avait en effet demandé à l'administration municipale de déplacer le bureau du maire à l'étage.

En face, à gauche de la porte d'entrée, une plaque dévoilée en 2016 par le Maire Rémi Muzeau présente la création de Clichy Mécénat, structure destinée à soutenir l'organisation d'animations et d'événements municipaux, en présence des deux entreprises Bic et L'Oréal.

Quand la mairie donne l'heure ...

Le campanile, au centre du dernier étage, se compose d'une structure en chêne et d'une enveloppe en fonte ajourée. Il abrite trois cloches qui sonnent chaque demi-heure en journée.

Le jardin de l'Hôtel de Ville

Vers 1845, le conseil municipal présidé par le maire Anatole Fouquet attribue à la commune une place pour ses manifestations «patronales». Devenant place de la commune, sur place 64 tilleuls argentés. Dès 1871, une partie des arbres disparaissent pour l'édification de la construction de la mairie.

Au début du XXe siècle, sur la plante des marronniers à fleurs doubles qui vont vivre plus de 80 ans. La place sera un temps occupée par un arrêt d'omnibus, puis par un parking en plein air à partir des années 50 !

Par décision municipale, un parking souterrain à trois niveaux est créé dans les années 90. Il sera supplanté d'un superbe jardin à la française.